La réalité n'est pas toujours celle que l'on croit ou celle que certains essaient de nous faire croire...
HISTOIRE DE LA BANQUE DE FRANCE : ESCROQUERIE EN BANDE ORGANISÉE
HISTOIRE DE LA BANQUE DE FRANCE : ESCROQUERIE EN BANDE ORGANISÉE

HISTOIRE DE LA BANQUE DE FRANCE : ESCROQUERIE EN BANDE ORGANISÉE

HISTOIRE DE LA BANQUE DE FRANCE : ESCROQUERIE EN BANDE ORGANISÉE

Voici une nouvelle vidéo de l’historien Henri Guillemin pour comprendre l’escroquerie de la création de la banque de France, les fondements d’une machination, d’une imposture, depuis Napoléon Bonaparte, escroc et manipulateur patenté….
Bon visionnage

L’histoire juridique de la Banque de France

Aujourd’hui, nous allons aborder un sujet fondamental pour comprendre les rouages de l’État et de la finance en France : l’histoire juridique de la Banque de France. Plus qu’un simple récit chronologique, nous allons analyser comment le législateur, au fil des crises et des tournants politiques, a modelé cette institution. De sa création comme banque privée à son intégration dans le système européen, chaque loi a redéfini son rôle, sa gouvernance et sa relation avec l’État.

Notre cours suivra un plan chronologique et thématique. Nous verrons comment la Banque est passée d’une institution privée au service du commerce à un rouage central de l’État, avant de devenir le garant indépendant de la stabilité monétaire au sein de l’Eurosystème.

1. La Construction d’un Privilège (1800-1936)

La Banque de France est née dans un contexte économique et monétaire difficile. Créée le 18 janvier 1800 par un regroupement d’actionnaires privés à l’initiative de Bonaparte, elle avait pour mission première d’émettre des billets payables à vue et au porteur, en contrepartie de l’escompte d’effets de commerce, afin de relancer l’économie

. Elle était donc, à l’origine, une banque privée.

Son statut s’est construit progressivement. La loi du 24 germinal an XI (14 avril 1803) lui accorde le monopole de l’émission des billets à Paris

. C’est l’acte fondateur de son privilège. Puis, la loi du 22 avril 1806 marque une première mainmise de l’État sur sa gouvernance en stipulant que le Gouverneur et les deux Sous-Gouverneurs sont nommés par l’Empereur . Enfin, le décret du 16 janvier 1808 établit les « statuts fondamentaux » de la Banque, qui régiront son fonctionnement pendant plus d’un siècle

.

Le XIXe siècle est marqué par l’extension du réseau et des missions. La Banque absorbe les banques départementales (décrets de 1848) et la Banque de Savoie (1865). La loi du 27 janvier 1873 l’oblige même à créer des succursales dans chaque département

. Parallèlement, l’État lui impose des contraintes en contrepartie de son privilège. Le cours forcé (impossibilité de convertir le billet en métal) est instauré à plusieurs reprises (1848, 1870), et la loi du 12 août 1870 instaure définitivement le cours légal du billet, obligeant tout citoyen à l’accepter comme moyen de paiement

. Enfin, la Banque doit consentir des avances à l’État, une obligation qui deviendra une source de tensions.

2. La Remise en Cause et l’Heure de la Nationalisation (1936-1945)

Le tournant du XXe siècle est marqué par une volonté politique de briser le pouvoir des grandes familles d’actionnaires, les fameuses « 200 familles » qui contrôlaient l’institution.

La loi du 24 juillet 1936, votée par le Front Populaire, constitue une première réforme majeure

. Elle modifie profondément la gouvernance : les régents sont remplacés par des conseillers, dont une grande partie est désormais nommée par le gouvernement, en fonction des intérêts économiques de la nation. La toute-puissance des actionnaires est brisée.

Mais c’est la Libération qui marque un changement de régime radical. Dans le contexte de la reconstruction et des nationalisations des secteurs clés, la loi n° 45-15 du 2 décembre 1945 est promulguée

. Son article 1er est sans ambiguïté : « A compter du 1er janvier 1946, la Banque de France est nationalisée. » Le capital de la Banque est transféré à l’État, qui en devient l’unique actionnaire. Les anciens actionnaires sont indemnisés par des obligations . D’un seul tenant, la Banque de France change de nature. Elle n’est plus une société privée, mais une institution dont le capital appartient à l’État, même si la loi précise qu’elle « continue à être régie par les dispositions de la législation commerciale dans la mesure où il n’y est pas dérogé »

.

Cette même loi organise le système bancaire dans son ensemble, en distinguant pour la première fois trois catégories de banques (de dépôts, d’affaires, de crédit à long et moyen terme) et en créant un Conseil national du crédit

.

3. La Consolidation du Statut d’Institution d’État (1945-1993)

Pendant près de cinquante ans, la Banque de France fonctionne comme une administration rattachée au ministère des Finances, bien que dotée de statuts particuliers. La loi n° 73-7 du 3 janvier 1973 vient réformer ses statuts pour les moderniser, mais elle maintient le principe de la nationalisation et précise les règles de ses relations avec le Trésor public

. Cette loi est souvent citée pour la fameuse « loi Pompidou » qui interdirait à la Banque de financer les déficits de l’État par la planche à billets, mais son contenu est plus large et concerne l’ensemble de la gouvernance et des missions.

Durant cette période, ses missions opérationnelles s’élargissent. La loi de finances rectificative du 27 décembre 1974 lui rattache l’Institut d’émission des départements d’outre-mer, étendant son monopole monétaire à l’outre-mer

. Plus tard, la loi du 31 décembre 1989 lui confie une mission sociale majeure : le traitement des situations de surendettement des particuliers . L’ordonnance n° 67-838 du 28 septembre 1967 portant réforme du crédit aux entreprises lui donne également un rôle dans la surveillance des chèques sans provision

.

4. L’Indépendance et l’Intégration Européenne (1993 à aujourd’hui)

L’étape la plus récente, et sans doute la plus bouleversante, est celle de la construction européenne. Le Traité de Maastricht du 7 février 1992 pose le principe d’une union économique et monétaire, dont le pilier est l’indépendance des banques centrales nationales vis-à-vis des pouvoirs politiques.

La France transpose cette exigence avec la loi n° 93-980 du 4 août 1993

. Cette loi est fondamentale à plus d’un titre. Son article 1er dispose que « la Banque de France est une institution dont le capital appartient à l’État » et qu’elle « constitue, dans le cadre de sa mission de politique monétaire, une autorité indépendante ». L’indépendance est proclamée. Surtout, son article 3 interdit formellement à la Banque d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit à l’État ou au Trésor public. C’est la fin du « pantouflage » entre la banque centrale et le Trésor, et la garantie que l’État ne peut plus se faire financer directement par la création monétaire

.

La loi n° 98-357 du 12 mai 1998 parfait cette intégration européenne en entérinant la participation de la Banque de France au Système européen de banques centrales (SEBC) et à l’Eurosystème, suite à la création de la Banque centrale européenne (BCE)

. Depuis lors, la Banque de France n’a plus la maîtrise de la politique monétaire, qu’elle exerce désormais sous l’autorité de la BCE. Ses statuts sont aujourd’hui codifiés dans le Code monétaire et financier, dont ils constituent le titre IV.

Parallèlement à cette évolution législative, la jurisprudence a précisé la nature juridique unique de la Banque. Le Tribunal des conflits, dans un arrêt Société La Fontaine de Mars du 16 juin 1997, a qualifié la Banque de France de « personne publique ». Le Conseil d’État, dans un avis du 9 décembre 1999, a précisé qu’il s’agissait d’une « personne publique sui generis« , et non d’un établissement public, afin de garantir son indépendance statutaire

. Cette nature hybride se retrouve dans la répartition des compétences juridictionnelles : les litiges avec son personnel relèvent du juge administratif, tandis que ses opérations de banque relèvent du juge judiciaire

.

Synthèse chronologique

Pour vous aider à visualiser ces grandes étapes, voici un tableau récapitulatif :

Date Loi / Événement Impact sur le statut et les missions de la Banque de France
18 janv. 1800 Arrêté des consuls Création de la Banque de France en tant que société par actions privée
.
14 avril 1803 Loi du 24 germinal an XI Obtention du monopole d’émission des billets à Paris
.
22 avril 1806 Loi Nomination du Gouverneur et des Sous-Gouverneurs par l’Empereur, renforçant le contrôle de l’État
.
16 janv. 1808 Décret Adoption des « statuts fondamentaux » qui régiront la Banque jusqu’en 1936
.
24 juil. 1936 Loi Réforme de la gouvernance : fin du régime des régents, entrée de représentants nommés par l’État
.
2 déc. 1945 Loi n° 45-15 Nationalisation : transfert du capital à l’État. La Banque devient propriété publique
.
3 janv. 1973 Loi n° 73-7 Réforme des statuts, modernisation de la gouvernance et des relations avec l’État
.
4 août 1993 Loi n° 93-980 Indépendance vis-à-vis du pouvoir politique et interdiction des avances au Trésor, en préparation de l’UEM
.
12 mai 1998 Loi n° 98-357 Intégration au Système européen de banques centrales (SEBC) et à l’Eurosystème
.

Conclusion

Messieurs, Mesdames, vous l’avez compris, l’histoire juridique de la Banque de France est celle d’un lent passage de la sphère privée à la sphère publique, puis de la sphère nationale à la sphère européenne. Le législateur a constamment utilisé le droit pour adapter l’institution aux besoins du moment : financer l’économie naissante, contrôler le crédit après-guerre, ou garantir la stabilité des prix dans l’Union monétaire.

Le débat n’est pas clos pour autant. La question de l’accès des particuliers aux comptes courants, du rôle de la Banque dans la médiation du crédit ou de son action en faveur de la stabilité financière sont des sujets contemporains qui montrent que le droit de la Banque de France continue de s’écrire.